Le zéro déchet et le bien-être, c’est aussi dans l’assiette ! Découvrez dans cet article les premières clés d’une cuisine éthique et durable : depuis les choix de consommation, en passant par les méthodes de cuisine, et jusqu’au traitement ou à la revalorisation de vos déchets alimentaires !

blog zero dechet

La cuisine éthique et durable, c’est quoi ?

❧ Consommer autrement : ça commence par moi !

La cuisine éthique et durable, ça commence par… notre porte-monnaie ! 

Les choix de consommation que nous faisons ont un impact énorme sur la planète et sur le système. Dans la société à dominance capitaliste dans laquelle nous vivons, la richesse mondialement reconnue est la monnaie, c’est donc également avec le levier de la monnaie que nous pouvons faire changer les choses. Choisir où va son argent, c’est un acte militant, engagé et important ! 🙂 

➾ Pourquoi acheter local et de saison

1) Le circuit court, c’est soutenir la diversité locale 

Pour proposer toujours les prix les plus bas, le jambon le plus rose et les fruits et légumes les plus calibrés, l’industrie agroalimentaire s’est armée de monocultures, de gros tracteurs et de pesticides, détruisant la biodiversité et appauvrissant nos sols. Certains irréductibles gaulois permaculteurs résistent encore, et il nous appartient de les soutenir dans nos achats. 

Il est donc important d’acheter local, de veiller à la mention “origine : France” des fruits et légumes, et de chaque aliment. Acheter des produits français, c’est non seulement garantir le respect des normes sanitaires et agricoles françaises, limiter les déplacements, mais aussi soutenir l’économie du pays : créer de l’emploi, remplir les caisses de l’Etat français pour permettre une justice sociale et de nouveaux investissements sur le territoire. 

De plus, le circuit court, c’est soutenir la diversité de nos ressources : nous garantissons notre propre autonomie alimentaire pour ne pas dépendre d’autres pays, et nous préservons la diversité de nos sols, de nos cultures, et ainsi la biodiversité qui nous entoure. C’est un équilibre complexe. 

Le saviez-vous ? 

Notre pays est l’un des pays les plus riches en termes de diversité agricole, vous pouvez même trouver du riz français de Camargue, à privilégier au riz asiatique !

2) Manger de saison : des bienfaits pour l’environnement, et pour notre corps ! 

Pour aller encore plus loin, préférez des fruits et légumes de saison, car si vous trouvez des tomates en Février, elles ont très probablement poussé dans des serres chauffées en Espagne (une catastrophe énergétique), ou parcouru des milliers de kilomètres. N’hésitez pas à consulter le calendrier des fruits et légumes de saison de GreenPeace

La nature est bien faite : en mangeant de saison, nous donnons à notre corps les vitamines et nutriments dont il a besoin aux périodes données. En été, notre corps a besoin d’eau, c’est pourquoi les fruits et légumes d’été en sont gorgés (pêches, concombres, melons, pastèques, tomates, etc…). En hiver, nous manquons de soleil, de minéraux et de vitamines, c’est pourquoi la nature nous offre des agrumes, des poireaux, des épinards, des choux, etc… 

Une petite astuce pour continuer de se faire plaisir toute l’année avec vos aliments ou fruits préférés : congelez vos fruits et légumes que vous aurez préalablement préparés et coupés en morceaux afin de pouvoir les utiliser en n’importe quelle saison dans une tarte ou un gâteau, faites vos confitures, et faites vos conserves de sauce tomates pour en profiter même en hiver. 

Bien sûr, on ne vous dit pas là de bannir les fruits exotiques, le quinoa et les épices de votre alimentation, mais simplement d’acheter ces produits consciemment, et pourquoi pas de temps en temps de préférer un bon crumble aux pommes à ce banana bread 🙂 

 Redécouvrir sa nourriture et les aliments bruts

Eviter les produits “ultra transformés” et industriels qui sont souvent riches en additifs toxiques pour nous et pour la planète : rien ne vaut un bon plat maison dont on connaît tous les ingrédients ! 

Si vous n’avez pas le temps de cuisiner (ce qu’on comprend bien sûr aussi dans cette société où tout va trop vite), vous découvrirez plus bas dans l’article une méthodologie d’organisation révolutionnaire : le “Batchcooking”. Sinon, analysez bien la composition des produits que vous achetez avec l’application “Yuka”, et préférez des marques labellisées “agriculture raisonnée”, “biologique” ou “responsable”. Sachez surtout que tous les labels ne se valent pas, même en BIO. Le label AB, par exemple est un label français, alors que le label en forme de feuille verte est européen. Les labels BIO les plus exigeants actuellement sont certainement “Demeter”, “Nature & Progrès” et “Bio Cohérence”. Pour aller plus loin, découvrez cet article sur les labels.  

Pour savoir ce que l’on mange, rien de tel que d’acheter ses produits directement chez le producteur : “Qui mieux que Renault peut entretenir votre Renault ?”, n’est-ce pas ! Alors n’hésitez pas à rencontrer fermiers, maraîchers, éleveurs, producteurs, et apiculteurs dans les marchés, les salons ou même chez eux ! De nombreuses applications existent aujourd’hui pour trouver les producteurs près de chez soi, comme mon-producteur.com et des initiatives locales permettent de souscrire à un abonnement mensuel ou hebdomadaire pour recevoir des paniers de fruits et légumes bio, locaux et de saison comme par exemple les AMAP : Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne

❧ Organiser sa cuisine et ses stocks pour éviter le gaspillage alimentaire

➾ La cuisine anti gaspillage : une vraie organisation

Acheter moins, mieux, et gérer son stock, c’est une gestion quotidienne à adopter. 

1) La planification et le batchcooking

Le gaspillage alimentaire est en grande partie causé par une consommation impulsive et un manque d’organisation. Au supermarché, nous pouvons être attirés par les promotions, qui nous forcent à acheter plus que nécessaire. Il peut donc être très utile de préparer les courses et organiser les repas de la semaine à l’avance pour n’acheter que le nécessaire.

Dans une société où le travail est roi et où tout va trop vite, pas évident de trouver le temps et la motivation de cuisiner soi-même, me direz-vous.  Alors, les pays anglophones inventèrent le batchcooking ! Le principe est simple : faire tous ses plats cuisinés de la semaine à l’avance, sur un créneau dédié en quelques heures ! 

Ainsi, on économise du temps et de l’énergie de préchauffage, de cuisson car tout cuit en même temps, de la vaisselle, de l’eau et on est plus efficace en travaillant à la chaîne. Une fois le batchcooking terminé, on n’a plus qu’à réchauffer tous ces bons petits plats durant la semaine ! Le batchcooking est également excellent pour lutter contre le gaspillage alimentaire puisqu’on peut cuisiner divers plats en même temps à base des différentes parties d’un même aliment. Exemple : on va pouvoir préparer des carottes râpées, tout en réutilisant les épluchures pour faire une excellente tartinade (recette plus bas dans l’article !), et les fanes pour faire un velouté ou un succulent pesto.

Afin de vous initier au batchcooking en toute simplicité, vous pourrez découvrir des inspirations de menus de la semaine, et notamment dans le super blog de Sandrine

Si vous êtes en grande forme et que vous cuisinez beaucoup, n’hésitez pas à congeler le surplus pour ne pas gâcher.

2) Les aliments périssables : DLC, DLUO, DDM ?

La seconde cause de gaspillage alimentaire est la perte de produits liée aux dates de péremptions renseignées par les industriels.  Il est important de savoir que les industriels prennent beaucoup de précautions sur ces dates pour se couvrir en cas de réclamations de consommateurs. De plus, certaines dates ne sont que indicatives, car seule la DLC comporte un risque potentiel pour notre santé

Voici un rappel des sigles de la conservation alimentaire : 

  • La DLC : Date limite de Consommation, elle est indiquée par la mention “à consommer jusqu’au…”
  • La DLUO : Date Limite d’Utilisation Optimale, c’est l’ancienne appellation de la DDM.
  • La DDM : Date de Durabilité Minimale, elle est indiquée par la mention “à consommer de préférence avant….”, ou “à consommer avant fin…”

Sur certains produits, la mention de date n’est pas obligatoire, comme sur les fruits et légumes frais, le sel, le sucre, le vinaigre, les vins, etc… 

Le saviez-vous ? 

Le meilleur moyen de savoir si un œuf est encore frais, c’est le test de flottaison.

Des sites et des applications mobiles existent même aujourd’hui pour récupérer à moindre coût des articles invendus à la date DDM ou DLC du jour, c’est le cas de Toogoodtogo.fr, ou encore Phenix.

Il faut donc être très attentif à la mention utilisée, et surtout faire confiance à nos 5 sens : si une bouteille de lait sent mauvais, un pot comporte des moisissures, l’opercule d’un yaourt est gonflé, un pain est dur, ou une salade est molle, dans ce cas vous pouvez les considérer comme périmés. Mais vous verrez plus bas, que des astuces existent pour les récupérer ! 

blog zero dechet

Les chiffres du gaspillage alimentaire

Eviter de mettre à la poubelle, c’est éviter des tonnes de déchets, certes, mais aussi des tas de conséquences invisibles pour nous consommateurs : les litres de pétrole nécessaires à la collecte de nos déchets, la quantité d’énergie nécessaire au tri, et les émissions massives de gaz à effet de serre engendrées tout au long de ce process…

Dans le monde, c’est un tiers des aliments produits chaque année qui seraient gaspillés, soit 1,3 milliards de tonnes de nourriture. Les pays européens gaspillent 10 fois plus que nos voisins africains… 

Une étude détaillée de l’ADEME en 2016 montre que chaque année 18% de la production alimentaire humaine est gaspillée en France. 

Le pays s’est engagé dans son Pacte National de Lutte contre le gaspillage alimentaire à réduire de moitié le gaspillage alimentaire d’ici 2025 : un sacré challenge, qui va mobiliser plusieurs secteurs d’activités. 

En France, les déchets organiques représentent en moyenne 30% de nos poubelles ménagères, et jusqu’à 70% lorsqu’on cuisine tout maison ! Ca fait entre 100 et 270 kgs de déchets par an et par personne. 

Mais le gaspillage alimentaire ne commence pas dans les ménages ! Toujours d’après l’ADEME, le gaspillage alimentaire intervient dans toute la chaîne de culture et de distribution, selon la répartition suivante : 

  • 32% lors de la production agricole ;
  • 21% lors de la transformation ;
  • 14% lors du transport et la distribution ;
  • 14% en restauration (collective et commerciale) ;
  • 19% dans les ménages.

A notre échelle, nous pouvons donc intervenir sur les 19% restants, et soutenir les circuits courts pour limiter les intermédiaires et donc le gaspillage alimentaire à chaque étape ! 

blog zero dechet

La cuisine zéro gaspi, le remède contre le gaspillage alimentaire

Savez-vous qu’on peut faire des miracles avec ce qu’on pensait être des déchets ? 

Les épluchures, les fanes de radis, de carottes, la peau de banane, les peaux d’agrumes, le pain rassis ? 

On a de quoi vider vos poubelles, ravir vos papilles et remplir votre porte-feuille. N’hésitez pas à télécharger gratuitement notre guide de la cuisine anti-gaspi, qui regroupe nos 20 meilleures recettes ! 

Un seul point d’attention : privilégier les produits BIO pour éviter les substances nocives présentes sur les épluchures

❧ Les épluchures et les fanes, ça se mange ?

La réponse est oui ! C’est même dans les épluchures et les fanes que les meilleurs nutriments se trouvent : vitamines, fibres, fer, calcium, potassium, magnésium…

On y pense même fortement pour la nourriture de demain

Outre les recettes présentes dans notre guide de la cuisine anti-gaspi, voici une recette qui agrémentera vos apéros zéro déchet : la tartinade d’épluchures de carottes ! 

  • 150g d’épluchures de carottes (préalablement lavées, de préférence bio, et blanchies dans l’eau bouillante), 
  • 3 cuillères à soupe d’huile d’olive, 
  • 2 cuillères à soupe de sucre, 
  • 2 gousses d’ail, 
  • Du cumin et de la muscade. 

COMMENT ? : Faire revenir l’ail dans l’huile, ajouter les ingrédients un à un et laisser mijoter 10 minutes avant de mixer et de déguster ! 

De nombreuses autres recettes anti gaspillage existent : des soupes, des sirops, des bouillons, etc…

❧ Que faire du pain rassis et dans quelles recettes ? 

Le pain est un des aliments phares de l’alimentation française, c’est pourquoi il représente aussi une large partie du gaspillage alimentaire (14% selon l’ADEME). Pourtant, récupérer le pain rassis est un jeu d’enfants et les recettes sont nombreuses. On connait tous et toutes le célèbre et savoureux pain perdu, ou encore le pudding. Vous allez voir qu’avec le pain rassis, l’imagination est sans limites ! 

➾ Cuit au four en 15 minutes avec de l’huile d’olive, de l’ail et des fines herbes, vous en ferez des croûtons ! 

➾ Cuit au four puis mixé, vous en ferez de la chapelure ! 

➾ Trempé dans le l’eau ou du lait puis mixé, vous en ferez une pâte à tarte ! 

➾ Cuit au four en tranche avec de l’huile d’olives et de la garniture, vous en ferez d’excellentes bruschettas ! 

❧ Et le reste, on en fait quoi ?

Le reste n’est pas en reste ! En effet, en se dégradant naturellement, les feuilles mortes, les coquilles d’oeufs, l’herbe coupée, etc peuvent nourrir et fertiliser nos sols… Alors, compostez-les, vous obtiendrez ainsi gratuitement et naturellement un engrais naturel pour vos plantes ou votre potager ! 

Curieux.se d’en savoir plus ? Découvrez tous les secrets du compostage dans notre article dédié.

Partager cet article

Laisser un commentaire