Les dangers de la technologie : vers la low-tech et la sobriété numérique ?

ordinateur low-tech et sobriété numérique

En cette période de confinement, le numérique n’aura jamais été autant sollicité. Télétravail, visio-conférences, recherches internet, musique, vidéos, lectures, jeux en réseau : tout devient possible à distance et sur les écrans. On évite alors une pollution liée aux déplacements, et aussi des déchets !

Du moins c’est ce que l’on croît… La technologie est-elle vraiment bénéfique pour la préservation de notre planète ? Le numérique dématérialise-t-il vraiment ?

Découvrons ensemble que le numérique est, non seulement un désastre pour nos yeux, mais aussi une fausse bonne idée pour sauver la planète.

On divise souvent la “high-tech” en 2 grands sous-ensembles :

 
  • les “hardwares”, ou machines,
  • les “softwares”, ou logiciels.

Ces 2 mondes sont régis par 5 grandes puissances américaines : les fameux “GAFAM” (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft).

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Les Hardwares

Nous possédons aujourd’hui en moyenne plus d’écrans que de mains et d’yeux pour nous en servir : un téléphone, une télévision connectée, un ordinateur portable, une tablette, une liseuse et maintenant une montre connectée… On n’arrête plus le progrès et la consommation digitale !  

Ces outils sont en général accompagnés de machines accessoires comme les imprimantes, scanners, consoles de jeux, claviers, souris, câbles, connecteurs, capteurs, vidéoprojecteurs, scanners, drones, et autres objets connectés. Ils restent fondamentalement polluants, depuis leurs étapes de fabrication, d’utilisation, et jusqu’à leur destruction. 

❧ La Fabrication

La complexité de ces “merveilles technologiques” rend leur process de fabrication extrêmement énergivore. En effet, c’est plus de 70 matières premières, dont une majorité de ressources fossiles, qui sont nécessaires pour produire un smartphone, et sa fabrication représente plus de 90% de l’énergie consommée au cours de son cycle de vie. 

De même qu’en industrie pharmaceutique, la fabrication s’effectue sous atmosphère contrôlée, les opérateurs sont en blouse blanche et l’environnement est dépourvu d’électricité statique, afin de pouvoir assembler et paramétrer les différents composants tels que la carte mère, les transistors, résistances, capteurs, batterie, etc. 

La question est aussi éthique : les minerais nécessaires à la fabrication des écrans (coltan, étain, cobalt, cuivre, etc) proviennent de mines aux conditions de travail exécrables en Afrique ou en Asie, parfois même de mines clandestines, et sous-marines. 

L’exploitation des mines conduit aussi à la destruction complète d’écosystèmes et à une grande pollution des sols, de l’air et de l’eau.

Alors : toujours certain.e de vouloir cet écran géant ? 

❧ L’Utilisation

L’utilisation des engins technologiques n’est pas en reste car elle nécessite elle aussi de grands moyens : un réseau de télécommunications 4G (ou bientôt 5G car on n’arrête pas le progrès) avec des antennes d’émission et de réception dans le monde entier, des serveurs immenses, qu’on appelle même naïvement des “fermes” de data centers pour stocker nos mails, nos médias sur le Cloud, et toutes les données détenues entre autres par Google. 

Ces serveurs fonctionnent 24h/24 et nécessitent un système de traitement de l’air pour maintenir des conditions de température fraîches et évacuer la chaleur générée. 

Ainsi, une simple recherche sur Google émet en moyenne 10g de CO2, 1 Mo de mail envoyé correspond à 15g de CO2. 

Ceci va de pair avec la surconsommation digitale, et l’abondance des médias et du marketing. En effet, une page web pèse aujourd’hui 3 fois plus lourd qu’en 2010, et un utilisateur de Youtube émet en moyenne chaque année 177 tonnes de CO2. Les plateformes de streaming en accès illimité (Youtube, Netflix, Spotify, Deezer) sont en effet une catastrophe écologique. 

Grâce au développement des algorithmes, des spams, et à l’avènement de l’intelligence artificielle, jamais la manipulation de l’utilisateur n’aura trouvé avec le web un terrain de jeu aussi fertile pour l’inciter à consommer de manière compulsive.

❧ La Destruction

Chaque année, c’est 50 millions de tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques qui sont collectés. D’après l’ADEME, c’est près de 30 millions d’appareils qui dormiraient dans des tiroirs.

Seuls 20% de ces produits électroniques sont recyclés. 

Le reste ? Incinéré sans aucun traitement préalable, ou enfoui dans les pays peu développés. Nappes phréatiques, sols et cours d’eau sont ainsi pollués par les produits toxiques.

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Les Softwares

On parle beaucoup aujourd’hui d’obsolescence programmée. Cette obsolescence n’est pas liée au hardware, qui pourrait durer 15 ans, mais bien au logiciel ! 

En effet, les 2 n’évoluent pas à la même vitesse. 

Les éditeurs de logiciels créent des mises à jours et des fonctionnalités toujours plus superflues et consommatrices de mémoire vive (la RAM). C’est ce manque de RAM qui va à terme créer des beugs dans le système et rendre votre appareil obsolète. 

A l’heure où 45 % des fonctionnalités des logiciels ne sont jamais utilisées, il s’agit de se concentrer sur les besoins fonctionnels réels des utilisateurs. Course à l’innovation et au numérique : il faut RALENTIR, ne garder que le numérique utile. Quelle est la raison d’être d’une innovation ? Est-elle nécessaire ? Est-ce un investissement responsable ? 

C’est ce qu’on appelle la sobriété numérique (par Frédéric BORDAGE, fondateur de GreenIT). 

Elle est d’ailleurs très difficile à démocratiser puisqu’elle s’oppose par nature à la notion de “progrès”. 

Tout cela mis bout à bout fait que depuis 2007, le numérique produit plus de CO2 que l’aviation civile ! 

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Comme d’habitude, on ne vous laisse pas sans solutions et nous ne réinventons pas la roue car une partie de notre Monde est quand même bien faite 🙂  

❧ L’éco-conception

Il s’agit d’utiliser des ressources renouvelables, réfléchir à la consommation d’énergie en utilisation et en production, optimiser la durabilité du produit, sa réparabilité (réparer, un des principes de la règle des 5R) et son recyclage une fois en fin de vie. 

Vous avez un achat à faire ? Allez vite vous renseigner sur les marques Fairphone et Commown

❧ La lutte contre l’obsolescence programmée

En d’autres termes : travailler sur la robustesse des machines, tout en réfléchissant à la compatibilité des logiciels et des mises à jour. Des recommandations simples existent selon l’association HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée) : 

  • Imposer la réversibilité des mises à jour logicielles
  • Distinguer les mises à jour de confort et de sécurité, afin d’éviter que l’utilisateur ne se voit imposer des mises à jour superficielles.
  • Exiger la transparence des fabricants et des éditeurs de logiciels.
  • Mettre en place une certification et créer des normes minimales d’éco-conception.
  • Étendre gratuitement les garanties pour favoriser la réparation et l’appliquer aux logiciels.
  •  

❧ Revoir nos propres besoins et soutenir les alternatives aux GAFAM

  • Diminuer notre utilisation du digital, 
  • Avoir recours au chat plutôt qu’au mail, ou même aller saluer nos collègues en visuel,
  • Signaler les spams sur https://www.signal-spam.fr/ ou en déposant une plainte à la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés),
  • Utiliser les moteurs de recherche responsables Lilo et Ecosia
  • Soutenir les projets de sobriété numérique : GreenTouch, GreenIT, Commown.. 
  • Utiliser des logiciels libres comme Framasoft
  • Préférer Feedbands à Spotify (une plateforme de streaming responsable de musique indépendante).

Alors… Prêt.e.s à devenir sobres ? 🙂

Pour aller plus loin, consultez le rapport complet rédigé par GreenIT.

 

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